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RSS« J’ai cru que j’allais mourir toxicomane »
À 13 ans, Scott Cameron était timide, manquait d’assurance et cherchait désespérément à se faire accepter de ses amis. « Dans l’intention de m’intégrer, j’ai fumé mon premier joint de marijuana avec un copain, sous l’auvent pour voiture de ma famille de classe moyenne », confie Scott. « Un an plus tard, j’avais développé une dépendance aux drogues dures. Puis, à 16 ans, j’en vendais. »
Scott a grandi à Port McNicoll, un village tranquille à environ 150 kilomètres au nord de Toronto. « Je menais une vie agréable », admet Scott. « Mon père travaillait dans une usine, tandis que ma mère restait à la maison. Mon frère cadet et moi ne manquions de rien. Nous avons été élevés avec de bonnes valeurs morales au sein d’une bonne structure familiale. »
Dès le début, Scott a éprouvé des difficultés à l’école. Il se démenait pour réussir. Il n’était pas plus à l’aise à l’école secondaire. « Je n’étais pas un élève brillant, et je me demandais toujours ce que les autres pensaient de moi », raconte Scott. « Quelques semaines après le début des classes, le stress psychologique et l’angoisse m’ont envahi. J’ai eu recours à l’héroïne et à la morphine pour m’aider à fuir la réalité pendant quelques moments. J’oubliais mes problèmes, et la perception des autres à mon égard n’avait plus importance. Mais cette “évasion” ne durait que le temps de l’effet obtenu par la drogue. »
Scott consommait de plus en plus de drogues. L’idée de « se geler » l’obsédait. Il s’injectait dans les veines tout ce qu’il pouvait se procurer. Il abusait des sédatifs de prescription. Il vendait des drogues illégales. Puis, un jour, il a touché le fond. « Je voulais m’enlever la vie », mentionne Scott. « J’allais mourir toxicomane. »
Toucher le fond
Après que Scott eut été condamné pour coups et blessures, commis lors d’une beuverie à Port McNicoll, ses parents l’ont envoyé travailler chez un cousin qui possédait une fabrique de cloisons sèches à Oshawa, en Ontario. Peu de temps après, Scott s’est réinstallé dans un petit appartement, à 15 kilomètres plus loin. À partir de ce moment, les choses ont mal tourné.
« J’allais travailler sous l’effet de la drogue, et je me droguais de nouveau en arrivant à la maison », révèle Scott. « J’étais enclin à développer des dépendances, et je ne disposais d’aucune méthode de maîtrise de soi qui permet à la plupart des gens d’éviter les dépendances. J’étais déprimé, angoissé et paranoïaque. Je souffrais d’insomnie, je vomissais tous les jours et j’éprouvais d’intenses douleurs gastriques. J’avais mal aux os, même aux parties pileuses de mes bras. Je consommais des drogues pour atténuer le sentiment de dépression, mais en réalité elles accroissaient l’angoisse, la dépression et les idées suicidaires. »
Une nuit, Scott a décidé de s’enlever la vie. « Je touchais le fond de l’abîme sur les plans psychologique, spirituel et physique », affirme Scott. « J’avais l’intention d’ingérer une grande quantité de pilules. Mais la crainte de brûler en enfer et de faire de la peine à mes parents une fois de plus m’a fait revenir sur ma décision. » Scott a téléphoné à son père qui est venu immédiatement lui apporter son soutien.
Les parents de Scott ont été à ses côtés pendant les 20 années où il a été aux prises avec la toxicomanie. Ils se sont renseignés autant qu’ils ont pu sur la toxicomanie dans l’intention d’aider leur fils. Alors qu’ils devaient faire face à cette situation déchirante, la culpabilité, la peur et l’angoisse les désemparaient.
Le centre Hope Acres de l’Armée du Salut
Scott a essayé de se guérir de sa dépendance aux psychotropes à l’aide de programmes de traitement à court terme, mais son obsession des drogues lui a occasionné plusieurs rechutes. En 2006, Scott a été envoyé au centre de traitement de la toxicomanie et de réadaptation Hope Acres de l’Armée du Salut à Glencairn, en Ontario.
Au centre Hope Acres, des hommes toxicomanes qui ne sont plus maîtres de leur vie sur les plans social, psychologique ou spirituel peuvent prendre un nouveau départ. Le programme de traitement en établissement, d’une durée de six mois, redonne espoir chaque année à des milliers d’hommes aux prises avec des souffrances physiques, la culpabilité et le désespoir.
Quelques mois après avoir terminé ce programme, Scott a sombré de nouveau dans l’alcool et les drogues. « Je croyais avoir retrouvé la maîtrise de moi-même », déclare Scott. « Mes amis étaient toxicomanes, et j’ai rapidement refait des choix malsains. »
Plus d’un an plus tard, Scott est retourné au centre Hope Acres. Il en est sorti officiellement le 22 janvier 2008 et a reconnu que le véritable défi de guérison était encore devant lui.
Aujourd’hui âgé de 34 ans, Scott raconte son histoire à d’autres toxicomanes, ce qui lui permet de demeurer en contact avec son important réseau de soutien, formé de mentors, de groupes de discussion, de sa famille et de l’autorité suprême.
« J’étais un toxicomane invétéré. Maintenant, je travaille dur pour rester sobre, et je m’accroche à l’espoir », conclut Scott.