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Sans domicile fixe

peter.jpgC’est une question de survie. Les jeunes itinérants ont rarement choisi leur mode de vie. En général, des circonstances expliquent leur situation. Dans le cas de Peter Lewis, 26 ans, passer la nuit dans la rue, sous des tentes, dans des centres d’hébergement d’urgence ou chez des amis lui permettait de fuir un contexte d’instabilité familiale. Pendant quatre ans, il n’a pas eu de domicile fixe. Ayant épuisé toutes ses ressources, il était découragé. « Je n’avais nulle part où aller », signale-t-il.

Quand il était enfant, Peter n’a connu aucune structure familiale ni modèle d’identification. Ses parents ont divorcé avant sa naissance. Sa mère, une camionneuse, n’était jamais à la maison. « Il n’y avait que mon frère aîné et moi. Nous étions des enfants laissés à eux-mêmes, dépassés par les événements, débordés, qui ont fait de mauvais choix », raconte Peter.

À 14 ans, Peter est allé vivre chez son père. Ce dernier abusait de l’alcool et des drogues, battait ses enfants, et a été incarcéré pour vol de voitures et cambriolage de résidences. Lorsque Peter a quitté l’école, son père l’a renvoyé chez sa mère parce qu’il ne savait plus comment s’y prendre avec son fils.

« Maman passait encore des jours et des nuits sur les autoroutes, alors j’ai commencé à coucher chez des amis. Me débrouiller chaque jour pour vivre, c’était loin d’être une partie de plaisir », souligne Peter.

Essayant d’oublier les difficultés de la vie par une consommation excessive d’alcool, Peter a fini par être expulsé du logement d’un ami compatissant. « Une nuit, après m’être évanoui lors d’une beuverie, je me suis réveillé, et mes effets personnels avaient été empaquetés. Ça m’a porté un coup terrible. »

Transportant toutes ses affaires dans un sac à dos, Peter a marché, et marché. À 25 ans, il était encore trop jeune pour être admis au plus proche centre d’hébergement d’urgence pour adultes, c’est pourquoi on l’a dirigé vers le refuge pour jeunes de l’Armée du Salut à Sutton. L’immeuble est une ancienne école primaire rénovée. Le refuge offre de l’hébergement d’urgence et temporaire aux itinérants de 16 à 26 ans. Depuis son ouverture en mars 2006, le refuge a accueilli plus de 800 personnes.

« Les services que j’ai reçus au refuge m’ont aidé à changer ma vie. J’avais perdu espoir et j’étais dans le besoin », mentionne Peter. « Au refuge, j’étais en sécurité, et on a pris soin de moi. Des employés formés m’ont permis de régler des problèmes importants dans ma vie. J’ai terminé ma formation générale, et j’ai appris des méthodes d’autonomie fonctionnelle, ce qui me permet de prendre une part active au sein de la société. Si je n’étais pas allé au refuge, je crois bien que je serais en prison aujourd’hui. »

« Maintenant je travaille à temps plein dans une fabrique de persiennes sur mesure. Je ne consomme pas de drogues, et mon sac à dos contient des livres et des journaux. Je me suis loué une chambre. J’ai enfin un chez moi. »