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RSSPlus précieux que l’argent : Le trafic sexuel pendant les Jeux olympiques de Vancouver
Contexte
Les manifestations sportives majeures, comme les Jeux olympiques, entraînent une demande accrue de services sexuels rémunérés. Les réseaux de trafiquants profitent de ce surcroît de demandes pour acheter et vendre des femmes à des fins d’exploitation sexuelle. Par exemple, le nombre officiel de victimes du trafic sexuel pendant les Jeux olympiques d’Athènes, en 2004, avait doublé. À l’occasion de la Coupe du monde de la FIFA, en Allemagne (2006), il y a eu une augmentation du trafic sexuel, mais la majorité des victimes provenaient d’une région ou d’une autre de l’Allemagne et non de l’étranger.
Étant donné qu’un nombre élevé de participants aux Jeux olympiques ou de visiteurs exigent des services sexuels, les trafiquants s’arrangent pour transporter un plus grand nombre de personnes dans la ville hôte, afin qu’elles puissent vendre leur corps et perdre leur dignité. Les trafiquants considéreront probablement les Jeux olympiques de 2010 comme une occasion rêvée d’amener au pays des « visiteurs », pour ensuite les exploiter et éventuellement les transporter dans d’autres villes du Canada ou des États-Unis. Ce sera également pour eux l’occasion d’amener à Vancouver des femmes et des jeunes filles (pour la plupart) d’autres villes, réserves ou villages canadiens afin de les intégrer dans l’industrie du sexe.
Vancouver est déjà aux prises avec un problème de prostitution et d’autres formes d’exploitation sexuelle. Indépendamment des Jeux olympiques, des femmes sont amenées à Vancouver pour vendre des services sexuels. Sans compter son système d’exploitation et sa demande de services sexuels déjà existants, Vancouver est une destination attrayante pour les trafiquants en raison de sa situation géographique (à proximité de la frontière avec les États-Unis et une porte d’accès clé du commerce avec l’Asie Pacifique), de ses lois en matière d’immigration (il est plus facile d’entrer au Canada qu’aux États-Unis) et de son infrastructure criminelle (les trafiquants peuvent utiliser les réseaux criminels déjà en place).
Source : Faster, Higher, Stronger: Preventing Human Trafficking at the 2010 Olympics, The Future Group, novembre 2007 (www.thefuturegroup.org)
Réponse de l’Armée du Salut : Prier. Prévenir. Protéger. Rétablir.
L’Armée du Salut, par la prière et sa collaboration avec de nombreuses autres Églises et organisations laïques, s’emploie à sensibiliser l’opinion publique à l’intensification prévue du trafic sexuel pendant les Jeux olympiques de Vancouver, et à sa prévention. À titre de membre du réseau More than Gold, l’Armée du Salut participe également à l’élaboration de plans durables visant à prévenir le trafic sexuel et à défendre les victimes. L’Armée du Salut est prête à protéger et à héberger les victimes du trafic sexuel et à leur fournir des services. Grâce à des programmes spéciaux, l’Armée du Salut s’efforce également de réhabiliter les clients du commerce du sexe.
Pour de plus amples renseignements, visitez le site www.salvationist.ca/trafficking.
LE TRAFIC SEXUEL AU CANADA : foire aux questions
Qu’est-ce que le trafic de personnes?
Le trafic de personnes est une forme d’esclavage : des êtres humains sont achetés et vendus à des fins d’exploitation sexuelle. Ces personnes, en majorité des femmes et des jeunes filles, sont recrutées, transportées, transférées, hébergées ou accueillies par la force, la menace de recours à celle-ci ou d’autres formes de contrainte, toujours de façon involontaire, car même lorsqu’il y a consentement, il est obtenu par la fraude, la tromperie, l’enlèvement, l’abus d’autorité ou une situation de vulnérabilité. Le trafic de personnes est un crime insidieux qui s’opère à l’échelle locale et internationale. Les trafiquants – qui vont des cartels internationaux hautement structurés aux proxénètes de quartier, aux petits amis et même aux membres de la famille – exploitent des hommes, des femmes et des enfants vulnérables. Dans les villes comme dans les villages, les victimes sont prises au piège dans d’innombrables situations d’exploitation, y compris l’industrie du sexe, les ateliers clandestins, l’industrie de la construction, la servitude dans des maisons privées et dans les champs. Le trafic de personnes est un fléau qui prive les victimes de leurs droits fondamentaux. C’est une forme d’esclavage moderne qui prolifère au Canada et dans le monde entier.
Le trafic de personnes existe-t-il au Canada?
Oui. Selon le Trafficking in Persons 2009 Report , le Canada constitue un pays d’approvisionnement, de transit et une destination pour des hommes, des femmes et des enfants transportés par-delà des frontières à des fins d’exploitation sexuelle et de travail forcé. Les femmes et les enfants sont recrutés principalement en Asie et en Europe de l’Est, mais des victimes du trafic sexuel en provenance d’Afrique, d’Amérique latine et des Antilles ont été repérées au Canada. Un grand nombre des victimes proviennent de la Thaïlande, du Cambodge, de la Malaisie, du Vietnam, de la Chine, de la Corée du Sud, des Philippines, de la Russie et de l’Ukraine. Les personnes originaires d’Asie sont généralement amenées à Vancouver et dans l’Ouest canadien, tandis que celles en provenance d’Europe de l’Est et d’Amérique latine sont envoyées à Toronto et dans l’est du Canada.
Des femmes et des enfants font également l’objet d’un trafic d’une province à une autre, et sont souvent contraints à travailler dans l’industrie du sexe, dans les grandes villes canadiennes. Le Canada est un pays source de touristes sexuels, et des ONG rapportent qu’il est également aussi une destination, particulièrement pour les touristes sexuels américains.
Combien de personnes sont victimes du trafic sexuel au Canada?
Étant donné que le trafic de personnes est un phénomène clandestin, il est difficile d’obtenir des statistiques fiables. Selon un rapport de la Direction des renseignements criminels de la Gendarmerie royale du Canada, publié en 2004, chaque année, 800 personnes sont victimes de trafic, dont 600 à des fins sexuelles. En outre, entre 1 500 et 2 200 personnes seraient transportées du Canada vers les États-Unis annuellement. Selon des ONG canadiennes, le nombre de femmes en provenance de l’étranger amenées au Canada pour travailler dans l’industrie du sexe serait beaucoup plus élevé. En outre, un grand nombre de Canadiennes sont transportées d’une province à une autre.
Qui fait l’objet du trafic sexuel au Canada?
Les pourcentages de femmes autochtones impliquées dans la prostitution et le trafic sexuel sont disproportionnés. Les jeunes Autochtones représentent seulement de 3 % à 5 % de la population canadienne, et pourtant dans certaines villes, elles constituent 90 % des victimes du trafic sexuel visible. Celles qui, dans le passé, ont été exploitées sexuellement ou maltraitées risquent davantage d’être recrutées.
Comment les femmes sont-elles recrutées par l’industrie du sexe au Canada?
Souvent, on aborde les jeunes Canadiennes dans les aéroports, les gares d’autobus, les centres commerciaux ou de jeunesse, sous prétexte de leur offrir de l’ « amitié ». Parfois, on les recrute pour des foires, des manifestations sportives, des expositions, etc. Certaines d’entre elles sont amenées au Canada au moyen de visas d’étudiant ou de visiteur. Ces femmes croient qu’elles viennent étudier, travailler ou se marier. La majorité des victimes du trafic de personnes sont leurrées par des gens qu’elles connaissent et en qui elles ont confiance.
Le trafic de personnes constitue-t-il un crime au Canada? Dans l’affirmative, comment est-il défini?
Oui. Il y a deux branches du droit canadien qui traitent du trafic de personnes au Canada, la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) et le Code criminel (C.cr.). La LIPR définit le trafic de personnes comme suit : « L’utilisation de moyens comme l’enlèvement, la fraude, la tromperie, la force ou la menace de celle-ci ou la contrainte pour recruter, transporter, accueillir ou héberger des personnes au Canada », tandis que celle du Code criminel propose la définition suivante : « Quiconque recrute, transporte, transfère, reçoit, détient, cache ou héberge une personne, ou exerce un contrôle, une direction ou une influence sur les mouvements d’une personne, en vue de l’exploiter ou de faciliter son exploitation, ou lui fait croire que sa vie ou sa sécurité (ou celle d’autres personnes) est en danger ». Le Code civil traite également de nombreux autres crimes relatifs au trafic de personnes. Comme moyen de protection juridique, des permis de résidence temporaire peuvent être délivrés aux victimes de trafic qui n’ont pas encore obtenu leur résidence permanente au Canada.
Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de personnes poursuivies en justice pour le trafic de personnes au Canada?
En novembre 2005, le Code criminel a ajouté le trafic de personnes à la liste de crimes, mais ce n’est qu’en janvier 2008 que les premières accusations ont été portées, lorsqu’une jeune femme de 21 ans d’Europe de l’Est s’est présentée à un poste de police du centre-ville de Toronto, disant qu’on l’avait fait venir au Canada pour travailler comme mannequin, mais qu’elle était forcée de se prostituer. Michael Ng a été la première personne accusée de trafic de personnes en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (2005). Toutefois, il n’a pas été condamné pour ce délit, mais pour d’autres motifs connexes. « Il est difficile d’engager des poursuites judiciaires contre un trafiquant étant donné qu’il est difficile de mener une enquête. En raison de la nature du crime, du fréquent besoin de se fonder sur des preuves amassées à l’étranger, du besoin de recourir à des interprètes et à des traducteurs, de la possibilité d’intimidation des victimes et des témoins ou de la corruption de fonctionnaires, engager des poursuites judiciaires constitue un nouveau et formidable défi pour l’organisation judiciaire. Une meilleure collaboration des autorités judiciaires internationales, un programme d’assistance aux victimes efficace et l’élaboration de mesures plus musclées en matière de protection des témoins doivent faire partie intégrante d’une stratégie visant à combattre ce fléau. » En outre, le manque de ressources des autorités policières visant à surveiller les maisons de prostitution et d’autres endroits mal famés, constitue un autre problème.
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