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RSSAimer les orphelins lui réjouit le cœur
Il était en train de s’installer dans sa nouvelle vie de « vieux », comme il disait en riant. Puis, il a fallu que ces fichus enfants arrivent dans le décor et bousillent ses plans.
Lou Brassard prévoyait vivre sa retraite d’une manière agréable en passant l’été sur l’île de Vancouver et l’hiver à Mazatlan, au Mexique. Mais il y a neuf ans, une bande de petits galopins a conquis son cœur et complètement chamboulé sa vie.
Lorsqu’il se rappelle le jour où il a vu arriver les enfants de l’orphelinat Hogar de Ninos de l’Armée du Salut dans le terrain de caravaning où Lorraine et lui avaient installé leur véhicule de plaisance pour l’hiver, Lou a les yeux brillants et son sourire va d’une oreille à l’autre.
« J’ai été tellement impressionné par leur talent et leur sourire magnifique », déclare le premier maître retraité de 68 ans, en parlant du jour où il a vu pour la première fois les enfants chanter et exécuter des danses traditionnelles dans leurs costumes colorés. « J’ai tout de suite su que je voulais participer à leur aventure et je me suis promis de leur offrir toute l’aide possible. »
Près d’une décennie plus tard, cet homme, originaire de North Battleford (Saskatchewan), et la femme qu’il a épousée il y a 47 ans – et qui est tout aussi passionnée que lui – ont plus que tenu leur promesse.
Ils travaillent depuis plusieurs années avec la troupe de danse. Ils aident les enfants à confectionner leurs costumes. Ils les transportent sur les lieux où ils donnent leur spectacle, dans la partie touristique de Mazatlan – la Golden Zone – pendant la période qui précède la fête de Noël. « Les enfants gagnent suffisamment d’argent avec ces spectacles pour subvenir aux besoins de l’orphelinat jusqu’au mois d’août », déclare Lou.
L’an dernier, Lou a organisé une tournée de spectacles à Seattle, un voyage que ces enfants, nés dans une pauvreté extrême et issus de familles conflictuelles, n’auraient normalement jamais pu faire.
Il y a quelques années, Lou a également mis sur pied un programme de soins dentaires pour les enfants. Il recueille de l’argent, s’occupe de la comptabilité et emmène les enfants chez le dentiste.
Cependant, Lou – qui fait tout cela gratuitement – estime que lui et sa femme n’accomplissent rien d’extraordinaire.
« Ils font beaucoup plus pour moi que je ne fais pour eux », affirme l’homme que l’on reconnaît partout à son éternelle casquette blanche de capitaine. « Ces enfants me gardent jeune… »
Je ne connais pas de meilleure thérapie pour un vieux bonhomme comme moi.
Pour démontrer à quel point sa femme et lui sont tombés sous le charme, Lou donne à ses visiteurs de Calgary un aperçu de sa vie quotidienne à Mazatlan en leur faisant faire un tour de fourgonnette. Lorraine, son épouse, est assise à ses côtés.
Premier arrêt : leur petite maison en béton, qui comporte deux chambres à coucher. « Nous sommes les « gringos » du quartier », dit Lou en parlant de leur environnement où prédominent les Mexicains.
« Nous vivons ici parce que nous voulons être entourés de gens qui nous aiment », ajoute Lorraine.
En route vers l’orphelinat – situé dans la banlieue nord de la ville – Lou explique que la notion d’orphelinat n’est pas la même au Mexique et en Amérique du Nord.
« La plupart de ces enfants ne sont pas des orphelins au sens strict du terme », dit-il en parlant des 15 jeunes pensionnaire du Hogar de Ninos. (Le centre accueille en moyenne 32 enfants par année.)
« Pour la plupart, les parents de ces enfants vivent toujours, mais ils vont et viennent. Certains sont en prison pour quelques années; d’autres laissent leurs enfants ici temporairement parce qu’ils sont incapables de les nourrir. »
Il n’est donc pas étonnant que dans un pays où la moitié de la population vit dans la pauvreté, où le salaire minimum est d’environ 5 $ par jour, où des millions d’enfants travaillent pour aider leur famille et où les programmes d’aide aux familles et aux enfants sont pratiquement inexistants, les nombreux orphelinats qui parsèment le paysage constituent une sorte de maison de transition pour les moins de 18 ans, qui forment 43 % de la population.
« Auparavant, je m’inquiétais pour les enfants de l’orphelinat », raconte Lou en suivant la route cahoteuse qui mène à l’orphelinat de l’Armée du Salut, « mais aujourd’hui, c’est quand ils partent que je me fais du souci. Au moins, pendant qu’ils sont ici, je sais qu’ils sont nourris et aimés. »
Lorsque la fourgonnette verte bien connue arrive en vue des quelques structures délabrées qui abritent les logements des jeunes pensionnaires ainsi que la cuisine et les bureaux de l’orphelinat, de nombreux enfants à l’air vigoureux et en santé accourent pour accueillir les Canadiens qui les ont « adoptés ».
« Nous avions toujours pensé qu’après la retraite, notre vie serait plus tranquille » dit en riant Lorraine, à moitié étouffée par les câlins des enfants. Lorraine a travaillé pendant 19 ans à titre de réceptionniste au journal Victoria Times Colonist. « Nous ne nous attendions pas à ce qui est arrivé. »
Pendant que les enfants commencent un spectacle de danse, Lou parle des défis qu’il a rencontrés pendant les dix années où il s’est efforcé de faire vivre la troupe, sans parler de l’orphelinat.
« Les organismes sans but lucratif n’ont pas droit à des réductions fiscales dans ce pays. Il faut se battre quotidiennement juste pour rester en vie. »
Malgré les obstacles, Hogar de Ninos s’occupe admirablement bien de ses jeunes pensionnaires, tout en offrant régulièrement des repas à une soixantaine d’enfants de El Venadillo, un quartier voisin très pauvre où les pupilles de l’orphelinat vont à l’école, et qui fournit régulièrement à Lou des membres pour sa troupe de 15 à 20 membres, dont la composition change constamment.
« Vous perdez des enfants quand leurs parents viennent les cherches, vous en perdez d’autres quand ils deviennent adultes », explique Lorraine.
Pendant que les enfants terminent leur spectacle d’une qualité impressionnante et se dirigent vers les salles de bain du dortoir pour enlever le maquillage très épais qu’ils portent pour danser, le major Israel Garcia Cruz, de l’Armée du Salut, parle de l’influence que Lou et Lorraine ont exercée sur la vie des jeunes de l’orphelinat.
« Il n’y a rien que Lou et Lorraine n’ont pas fait pour nous », déclare-t-il en espagnol. Alberto Gonzalez Portugal, qui vit et travaille à l’orphelinat, traduit ses propos.
« Lou a construit notre grande palapa (sorte de hutte), il nous a procuré une chaîne stéréophonique, et il emmène ici d’autres Canadiens qui nous aident en donnant de leur temps et de leur argent », déclare Garcia Cruz. « Il est un grand-père pour nos orphelins. Je crois que Dieu l’a envoyé ici pour nous aider. »
Jerry Johnson, un Vancouvérois qui raconte volontiers qu’il s’est fait « embrigader » par Lou il y a cinq ans pour donner un coup de main autour de l’orphelinat, s’arrête pour bavarder un moment.
« Lou est la bougie d’allumage qui permet au moteur de fonctionner », déclare l’homme de 77 ans, ex-directeur d’arrondissement scolaire, qui a récemment mis sur pied un fonds consacré à l’éducation des enfants de l’orphelinat en hommage à Terry, son épouse décédée. « Il attire des gens ici pour qu’ils donnent un coup de main, et nous finissons par devenir « accros », nous aussi. »
Sur le chemin du retour, Lou fait un détour par El Venadillo pour que nous voyions les conditions difficiles dans lesquelles vivent beaucoup de ses jeunes amis. La fourgonnette n’a pas fait 100 mètres à l’intérieur du quartier qu’une foule d’enfants se précipitent en courant dans sa direction.
« Lou! Lou! », s’écrient-ils en se pressant sur Lou et Lorraine. À la demande de Lou, ces enfants pieds nus, au visage couvert de saleté et aux vêtements en lambeaux, entonnent un chant magnifique.
« C’est pas mal plus intéressant que de jouer aux cartes dans la fourgonnette », déclare le gaillard au grand cœur. « Je ne suis pas encore prêt à attendre la mort en me berçant. »
Valerie Fortney
Reproduit avec la permission du Calgary Herald
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Bonjour,
Bravo Lou, tu es vraiment un pere pour ces enfants.De ma part tout ce qui touche aux enfants surtout pauvres, malades et orphelins me fait reagir.Depuis longtemps j’ai un souhait de creer un centre d’accueil aux orphelins et aux demunis mais comme mes moyens sont moindres je suis toujours a la recherche des donateurs.Actuellement je vis avec 6 orphelins.J’en profite pour lancer un appel a toute personne qui a un coeur genereux de penser a ces enfants.Mon pays(Rwanda) compte beaucoup d’orphelins a cause du genocide qui a eu lieu.
Que Dieu vous benisse tous.